Episode 11 : Candidat libre au CAP, en avant vers la réforme !


Les choses sont claires : les candidat-e-s libres au CAP pâtissier sont une épine dans le pied de la profession.

Une épine dans le pied de l'éducation nationale, en charge de l'organisation des examens, et dans celui de la Confédération nationale des artisans pâtissiers.

Une grosse épine dont ils aimeraient se débarrasser.

Vous ne me croyez pas ? visionnez la vidéo d'introduction du séminaire national où a été présenté le nouveau CAP pâtissier, en mars 2019.

Vous y entendrez tour à tour Laurent Le Daniel, Vice Président de la Confédération nationale des artisans pâtissiers puis Dominique Catoir, Inspecteur général de l’Éducation nationale. 

A mots couverts, ils y livrent leur sentiment vis-a-vis des candidats individuels.

  • Tout d'abord des chiffres:

En 2017, sur plus de 12 000 inscrits aux épreuves du CAP, environ 2 500 sont des candidats libres.

Un chiffre en constante augmentation. Son jumeau, le CAP cuisine, commence lui aussi à gagner les faveurs des candidats libres d'ailleurs.

  • Ensuite, les conséquences sur le secteur :

Le problème vu de l'éducation nationale : le taux d'absentéisme dépasse les 50% le jour de l'examen.

Un camouflet pour leurs équipes qui ont mobilisé des professionnels, ont acheté des denrées et préparé les centres d'examen, totalement inutilement.

Le problème vu de la confédération : le CAP attire un public plus avide de diplôme que de savoir-faire. C'est le revers de la médaille d'avoir réussi à faire de la pâtisserie une profession artisanale réglementée. Le diplôme est obligatoire pour en ouvrir une.

 

Alors comment décourager les touristes du CAP puisqu'il y en a ? en introduisant l'obligation de 2 stages de 7 semaines à temps plein dans des pâtisseries artisanales.

Si vous aviez prévu d'entamer une reconversion professionnelle sans avoir quitté votre travail actuel, il va falloir négocier rude pour obtenir l'autorisation de vous absenter autant de temps.

 

Et c'est tout le problème de cette réforme. En effectuant une sélection en amont sur les candidats, la pâtisserie risque de se priver de nouveaux-elles entrant-e-s passionné-e-s par le métier.

On compte par dizaine les exemples de nouveaux et nouvelles chef-fes d'entreprise issu-e-s de la reconversion et dont le succès est au rendez-vous.

Ces personnes ont profité de l'opportunité donnée par l'éducation nationale de préparer en indépendant un diplôme indispensable pour leur activité.

Je suis convaincue qu'une personne en reconversion professionnelle, qui a souvent mûri son projet plusieurs mois durant, aura beaucoup à apporter pour moderniser ce secteur, renouveler les concepts et changer les modes de management.

Et je vous assure qu'il faut être extrêmement motivé-e-s pour se lancer dans une activité artisanale aussi difficile !

Et quand bien même les candidats libres ne seraient pas exceptionnel-le-s, pourquoi leur refuser le droit de se lancer, d'essayer et même de se planter. 

Car à part le problème d'absentéisme le jour de l'examen, les candidats libres ne coûtent rien à la profession : pas de formateurs mobilisés, pas de place d'apprentis occupés à la place d'un jeune.

Alors futur-e-s candidat-e ne vous laissez pas intimider !

Les solutions existent pour que vous puissiez aller jusqu'au bout de votre projet, il suffit de bien chercher et de vous adresser à des professionnel-le-s conciliant ou qui ont le même parcours que vous.

Et pour ceux et celles qui se présentent cette année, accrochez-vous !

Montrez-leur que vous êtes motivé-e-s, compétentes et que vous valez autant que les apprentis qui passent par les écoles et les labos de la profession.

  • L'esprit de la réforme :

Un mot sur la nouvelle version du CAP pâtissier, en application dès la prochaine session 2021.

Officiellement, la réforme du CAP répond avant tout à une volonté de moderniser un diplôme ultra traditionnel et lui redonner ses titres de noblesse. Les professionnels veulent pousser les apprenants à comprendre les techniques et pas uniquement répéter les gestes par mimétisme.

En termes de compétences, il est plus proche des demandes actuels des clients. Il réintroduit les gâteaux de voyage, l'application des techniques s'étend au salé,  l'entremet est décliné en version à partager mais également au format petit gâteau, les décors en chocolat devront être maîtrisés etc. 

L'examen est constitué de deux longues épreuves pratiques, correspondant à deux pôles de compétences : tours, petits fours, gâteaux de voyage, et entremets et petits gâteaux.

Le référentiel pour le nouveau CAP insiste également sur la notion de respect de l'environnement et le travail des matières premières brutes.

 

 

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